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Une exoplanète géante observée avec une précision inédite

Arrière-plan

Une exoplanète géante observée avec une précision inédite

 

L’imagerie directe des exoplanètes demeure, encore aujourd’hui, l’un des défis les plus ardus de l’astrophysique moderne. Discerner une planète à côté de son étoile revient à tenter de distinguer une luciole posée sur le phare d’Alexandrie, observé depuis des milliers de kilomètres. C’est pourtant la prouesse que vient de réaliser une équipe internationale d’astronomes, marquant un tournant décisif dans notre capacité à cartographier les mondes lointains.

Cette avancée, rendue possible grâce à une stratégie d’observation innovante couplée à la puissance du télescope Subaru, ne se contente pas d’ajouter deux nouveaux objets au catalogue cosmique. Elle valide une méthodologie qui servira de fondation aux futures missions spatiales, notamment celle du très attendu télescope spatial Roman de la NASA.

 

La méthode OASIS : une stratégie de ciblage chirurgical

Jusqu’à présent, la grande majorité des milliers d’exoplanètes recensées ont été découvertes par des méthodes indirectes, telles que la méthode des transits (la baisse de luminosité d’une étoile lorsqu’une planète passe devant) ou celle des vitesses radiales. L’imagerie directe, qui consiste à capter les photons émis ou réfléchis par la planète elle-même, restait l’apanage d’une infime fraction des découvertes (environ 1 %). Le défi principal réside dans le contraste éblouissant entre l’étoile hôte et sa compagne planétaire.

Pour contourner cet obstacle, les chercheurs du programme OASIS (Observing Accelerators with SCExAO Imaging Survey) ont adopté une approche pragmatique. Plutôt que de scruter le ciel à l’aveugle, ils ont analysé les catalogues d’astrométrie de haute précision, comme ceux fournis par les missions Gaia et Hipparcos. L’objectif : repérer les étoiles dont la trajectoire dans le ciel présente de subtiles anomalies ou accélérations. Ces perturbations gravitationnelles trahissent souvent la présence d’un corps massif invisible orbitant autour de l’astre.

C’est en ciblant ces étoiles « perturbées » que le télescope Subaru, situé au sommet du Mauna Kea à Hawaï, a pu faire mouche. Cette technique permet d’augmenter drastiquement le taux de réussite de l’imagerie directe, transformant une recherche d’aiguille dans une botte de foin en une vérification ciblée.

HIP 54515 b et HIP 71618 B : deux laboratoires célestes

La première découverte majeure de cette campagne est HIP 54515 b. Il s’agit d’une exoplanète géante située à environ 271 années-lumière de la Terre, dans la constellation du Lion. Avec une masse estimée à 18 fois celle de Jupiter, ce corps céleste orbite autour de son étoile à une distance comparable à celle séparant Neptune de notre Soleil. La réussite de cette observation est remarquable car, à l’échelle cosmique, la planète est relativement proche de son étoile, ce qui rend sa distinction particulièrement difficile sans une technologie de pointe.

Le second objet identifié, HIP 71618 B, appartient à une catégorie fascinante : les naines brunes. Située à 169 années-lumière dans la constellation du Bouvier, elle possède une masse d’environ 60 fois celle de Jupiter. Les naines brunes sont souvent qualifiées d’étoiles ratées. Elles sont trop massives pour être considérées comme des planètes, mais pas assez pour déclencher la fusion thermonucléaire de l’hydrogène qui fait briller les étoiles. Elles constituent un chaînon manquant essentiel pour comprendre les mécanismes de formation stellaire et planétaire.

SCExAO : gommer les turbulences atmosphériques

L’exploit n’aurait pas été possible sans l’instrument SCExAO (Subaru Coronagraphic Extreme Adaptive Optics). Observer depuis le sol terrestre implique de voir à travers l’atmosphère, dont les turbulences brouillent continuellement les images des astres.

Le système d’optique adaptative SCExAO corrige ce flou en temps réel. Un miroir déformable modifie sa surface des milliers de fois par seconde pour compenser les distorsions causées par l’atmosphère. Couplé à un coronographe performant, qui masque physiquement la lumière centrale de l’étoile, l’instrument permet d’atteindre un contraste suffisant pour révéler les objets faibles situés à proximité immédiate. C’est cette technologie qui permet aujourd’hui d’obtenir depuis le sol des résultats qui rivalisent parfois avec les observations spatiales.

Un banc d’essai crucial pour le télescope Roman

Au-delà de la découverte scientifique intrinsèque, ces observations revêtent une importance stratégique pour l’avenir de l’exploration spatiale. La NASA prépare activement le lancement du Nancy Grace Roman Space Telescope, conçu pour imager directement des exoplanètes et étudier l’énergie noire.

Pour que le télescope Roman puisse détecter des planètes semblables à la Terre (des points bleus pâles infiniment moins lumineux que des géantes gazeuses) ses instruments devront être calibrés avec une précision extrême. La naine brune HIP 71618 B servira de cible de référence idéale pour ces tests. En validant les coronographes spatiaux sur cet objet connu et caractérisé, les astronomes s’assureront que le télescope est prêt pour la découverte de mondes habitables.

Cette synergie entre les observations au sol et les futures missions spatiales illustre parfaitement la marche de l’astrophysique actuelle : une accumulation de données précises et de validations technologiques qui nous rapproche, pas à pas, de la détection d’une jumelle de la Terre.

Sources :

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