Lorsqu’on parle d’intrication (ou entanglement en anglais), on décrit une situation où deux particules — ou davantage — partagent un destin commun. Lorsqu’elles sont intriquées, ces particules forment un système unique et inséparable, quelle que soit la distance qui les sépare. Si vous mesurez une propriété sur l’une des particules, l’état de sa partenaire est instantanément fixé, même si elle se trouve à l’autre bout de la galaxie.
En 1935, Einstein, Podolsky et Rosen (EPR) ont tenté de démontrer que la mécanique quantique était incomplète. Ils soutenaient que rien ne pouvait voyager plus vite que la lumière, et qu’une influence instantanée entre deux particules éloignées était impossible. Selon eux, les particules devaient posséder des variables cachées, des instructions internes préétablies.
Cependant, dans les années 1960, le physicien John Bell a proposé un théorème mathématique permettant de trancher la question. Des expériences célèbres, notamment celles d’Alain AspectAlain AspectAlain Aspect Né en 1947 à Agen, est un physicien français renommé, figure de proue de la physique quantique. Il est principalement connu pour ses expériences révolutionnaires menées dans les années 1980, qui ont apporté la preuve expérimentale de la non-localité quantique, un concept théorisé par les physiciens John Bell, Albert Einstein, Boris Podolsky et Nathan Rosen ( Le Paradoxe EPR ). Ses travaux ont consisté à mesurer l'état de paires de photons intriqués. Il a démontré que la mesure de l'état d'une particule influençait instantanément l'état de l'autre, et ce, quelle que soit la distance qui les séparait. Ce phénomène, qu'Einstein qualifiait de "fantôme", a confirmé la validité de la théorie quantique et ouvert la voie à des technologies comme l'informatique quantique et la cryptographie quantique. Alain Aspect a reçu de nombreuses distinctions pour ses découvertes, dont le prix Nobel de physique en 2022, qu'il a partagé avec John Clauser et Anton Zeilinger. Aujourd'hui, il est professeur à l'Institut d'Optique Graduate School de Paris Saclay et à l'École Polytechnique de Paris. en 1982 (récompensé par le prix Nobel en 2022), ont prouvé que Bell avait raison et qu’Einstein avait tort : il n’y a pas de variables cachées. L’influence est bel et bien instantanée et non-locale. L’UniversUniversLe grand tout Qu'est-ce que l'Univers ? Découvrez sa définition, son origine depuis le Big Bang, sa composition (matière, énergie sombre) et les grands mystères qui entourent encore son existence et son destin. Il est la totalité de tout ce qui existe : l'ensemble de la matière et de l'énergie distribuées dans l'espace-temps. Il contient les planètes, les étoiles, les galaxies et toutes les autres formes de matière et d'énergie, ainsi que les lois physiques qui les gouvernent. Sa science d'étude est la cosmologie. Qu'est-ce qui compose notre univers ? Quand on regarde le ciel, on imagine une immensité remplie d'étoiles et de galaxies. En réalité, cette matière visible ou ordinaire ne représente qu'environ 5% de la composition totale de l'Univers. Le reste est un mystère, divisé en deux composantes hypothétiques : environ 27% de matière noire, une substance invisible qui n'interagit pas avec la lumière mais exerce une force gravitationnelle, et environ 68% d'énergie sombre, une force encore plus énigmatique qui serait responsable de l'accélération de l'expansion de l'Univers. Origine et évolution Le modèle cosmologique dominant est celui du Big Bang. Selon cette théorie, l'Univers a commencé il y a environ 13,8 milliards d'années à partir d'un état extrêmement dense et chaud, une singularité. Il n'a cessé de s'étendre et de se refroidir depuis. Cette expansion a permis la formation des premières particules, puis des atomes, qui se sont ensuite agrégés sous l'effet de la gravité pour former les premières étoiles et galaxies. L'expansion de l'Univers est toujours en cours aujourd'hui ; on observe même qu'elle accélère, un phénomène attribué à l'énergie sombre. Les grands mystères qui demeurent Malgré nos connaissances, l'Univers pose des questions vertigineuses. Quelle est la nature exacte de la matière noire et de l'énergie sombre ? L'Univers est-il fini ou infini ? A-t-il des bords ? Et la question ultime : qu'y avait-il avant le Big Bang ? Ces questions sont au cœur de la recherche en physique et en astrophysique, repoussant sans cesse les limites de notre entendement. Pour aller plus loin Le site de la NASA sur la cosmologie (nasa.gov). Un dossier du CNRS sur l'expansion de l'Univers. Le site de l'Agence Spatiale Européenne (ESA) sur la mission Euclid, dédiée à l'étude de l'énergie sombre. La recette cosmique la composition de l'Univers : 5% de Matière ordinaire (étoiles, planètes, nous). 27% de Matière noire (invisible). 68% de Énergie sombre (mystérieuse). [caption id="attachment_42682" align="alignnone" width="770"] Crédit Image : sous licence de Google[/caption] est interconnecté d’une manière qui défie la structure même de l’espace-temps classique.
Imaginons deux particules intriquées par leur spin (une sorte de moment magnétique). La loi quantique impose que si l’une tourne vers le haut, l’autre doit tourner vers le bas. Tant que nous n’avons pas regardé, les deux particules sont dans une superposition d’états : chacune est à la fois haut et bas.
Au moment précis où nous observons la particule A et constatons qu’elle est en état haut, la particule B passe instantanément en état bas. Il n’y a pas de signal qui voyage entre les deux ; c’est la corrélation elle-même qui est fondamentale. Cette connexion transcende l’espace : que les particules soient distantes de quelques millimètres ou de plusieurs années-lumière, le résultat est le même et immédiat.
L’une des applications les plus spectaculaires de l’intrication est la téléportation quantique. Contrairement à la science-fiction, on ne téléporte pas de la matière, mais de l’information. En utilisant une paire de particules intriquées comme « canal », on peut transférer l’état quantique d’une troisième particule vers une destination distante.
En 2025 et 2026, des avancées majeures ont été réalisées dans le déploiement de réseaux de communication quantique par satellite. Grâce à l’intrication, nous créons des clés de chiffrement impossibles à pirater. Si un espion tente d’intercepter la clé, l’acte même de l’observation brise l’intrication et modifie les données, alertant immédiatement les utilisateurs. C’est la base de la sécurité absolue promise par la cryptographie quantique.
Les recherches les plus récentes suggèrent que l’intrication pourrait être encore plus fondamentale que nous le pensions. Certains physiciens théoriciens avancent que l’intrication quantique est le ciment qui maintient l’espace-temps ensemble. La célèbre formule ER = EPR suggère un lien profond entre les trous de ver (ponts d’Einstein-Rosen) et les paires de particules intriquées. L’intrication ne serait pas juste une propriété de la matière, mais la trame même sur laquelle l’Univers est tissé.