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Podcast - La géométrie quantique Big Bang Radio - Podcast
L’informatique classique, celle qui propulse nos smartphones et supercalculateurs, repose sur des bits : des interrupteurs qui sont soit en position 0, soit en position 1. L’informatique quantique, quant à elle, s’appuie sur les lois vertigineuses de la mécanique quantique. Son unité fondamentale, le qubit, peut exister dans une superposition d’états, étant à la fois 0 et 1 simultanément jusqu’à ce qu’il soit mesuré.
Cette capacité, couplée au phénomène d’intrication (où deux qubits restent liés quelle que soit la distance qui les sépare), permet de réaliser des calculs massivement parallèles. Là où un ordinateur classique testerait les solutions d’un problème complexe une par une, un ordinateur quantique peut explorer une immensité de combinaisons en même temps. Aujourd’hui, nous ne sommes plus dans la théorie pure : nous entrons dans l’ère du concret.
En ce début d’année 2026, le paysage technologique a radicalement changé. Nous avons quitté l’ère purement expérimentale (NISQ – Noisy Intermediate-Scale Quantum) pour aborder la phase des qubits logiques. Le principal frein a toujours été la fragilité des qubits : la moindre perturbation thermique ou électromagnétique (le « bruit ») fausse les calculs.
Désormais, l’industrie ne se contente plus d’empiler des milliers de qubits physiques instables. L’objectif est maintenant la qualité. Des entreprises comme Microsoft et Quantinuum ont réussi à créer des qubits logiques (des groupes de qubits physiques travaillant de concert pour corriger les erreurs) avec des taux d’erreur 800 fois inférieurs à ceux de leurs composants individuels.
La course au quantique est devenue un enjeu de souveraineté nationale, dominée par quelques acteurs majeurs répartis principalement entre les États-Unis, la France et la Chine.
IBM continue de suivre sa feuille de route rigoureuse. Avec son processeur Kookaburra prévu pour cette année, IBM vise à connecter plusieurs puces pour atteindre plus de 4 000 qubits, misant sur une approche modulaire pour l’échelle industrielle.
Microsoft, en partenariat avec Quantinuum, se concentre sur l’approche topologique et les ions piégés, affichant des résultats impressionnants en matière de correction d’erreurs, un prérequis indispensable pour tout usage commercial.
QuEra, issue de Harvard et du MIT, vise le déploiement de 100 qubits logiques corrigés dès cette année, utilisant la technologie des atomes neutres.
La France s’impose comme un leader européen incontesté grâce à des startups qui rivalisent avec les géants américains :
Pasqal : Utilisant, comme QuEra, la technologie des atomes neutres, Pasqal lance cette année sa nouvelle unité de traitement Vela. L’entreprise vise l’avantage quantique industriel à court terme avec des machines de plus en plus stables.
Alice & Bob : Cette entreprise se distingue par ses « qubits de chat » (cat qubits). En stabilisant ses qubits de manière autonome contre l’un des types d’erreurs les plus courants (le bit-flip), elle réduit drastiquement le nombre de qubits physiques nécessaires pour construire un ordinateur fonctionnel. Leurs résultats récents montrent une résistance aux erreurs supérieure à une heure.

Google occupe une place à part, souvent caractérisée par des annonces retentissantes qui redéfinissent les standards. La particularité de Google réside dans sa quête obsessionnelle de la suprématie (ou avantage) quantique non pas théorique, mais vérifiable.
Fin 2025, Google Quantum AI a dévoilé les performances de sa puce Willow (105 qubits). Contrairement aux processeurs précédents, Willow a permis d’exécuter l’algorithme Quantum Echoes environ 13 000 fois plus vite que les meilleurs supercalculateurs classiques.
Le fait que ce résultat soit vérifiable établit une nouvelle norme, notent les experts. Auparavant, vérifier qu’un ordinateur quantique avait bien réussi un calcul prenait un temps fou aux ordinateurs classiques. Google a brisé ce verrou, prouvant que ses machines peuvent non seulement aller vite, mais aussi donner des résultats justes et contrôlables. Leur stratégie actuelle se focalise intensément sur la réduction des erreurs pour atteindre le « Jalon 3 » de leur feuille de route : un qubit logique à longue durée de vie.
Les résultats actuels ne sont plus de simples démonstrations de force académiques.
Simulation de matériaux : Nous commençons à simuler des molécules complexes pour la pharmacologie avec une précision inédite.
Optimisation : Des secteurs comme la logistique et l’énergie utilisent des solutions hybrides (classique + quantique) pour optimiser des réseaux complexes.
Correction d’erreurs : C’est la victoire majeure de 2025-2026. La démonstration que l’on peut détecter et corriger une erreur sans interrompre le calcul est acquise.
Moyen terme (2027-2029) : L’objectif est la généralisation des processeurs à plusieurs centaines de qubits logiques. C’est le seuil critique pour casser les cryptages actuels ou concevoir de nouveaux matériaux (batteries, engrais) de A à Z.
Long terme (2030+) : L’avènement de l’ordinateur quantique universel, « tolérant aux fautes » (Fault-Tolerant Quantum Computer). À ce stade, le quantique ne sera plus une curiosité de laboratoire mais une commodité accessible via le cloud pour résoudre les problèmes insolubles de l’humanité, du changement climatique à la médecine personnalisée.
Il est crucial de comprendre que tous les ordinateurs quantiques ne se ressemblent pas. En 2026, trois architectures dominent :
Qubits supraconducteurs (Google, IBM, Alice & Bob) : Des circuits électroniques refroidis proche du zéro absolu. Ils sont très rapides mais leurs états quantiques sont éphémères (faible temps de cohérence).
Ions piégés (IonQ, Quantinuum) : Des atomes chargés maintenus par des champs électromagnétiques. Ils sont très stables et précis, mais plus lents à opérer.
Atomes neutres (Pasqal, QuEra) : Des atomes manipulés par des lasers (« pinces optiques »). Cette technologie permet de manipuler un grand nombre de qubits en 2D ou 3D et monte en puissance de façon spectaculaire.
L’informatique quantique n’est plus de la science-fiction. Elle est une réalité industrielle naissante, complexe et coûteuse, mais dont la puissance de transformation est désormais inévitable.
Sources :