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L’astrophysique européenne s’apprête à franchir une étape historique. Alors que la quête de mondes lointains s’intensifie, l’Agence spatiale européenne (ESA) finalise les préparatifs de sa troisième mission de classe moyenne (M3) du programme Cosmic Vision : PLATO (PLAnetary Transits and Oscillations of stars). Ce télescope spatial, véritable prouesse technologique, n’a qu’un seul but : trouver une deuxième Terre orbitant autour d’une étoile semblable à notre Soleil.
Contrairement à ses prédécesseurs comme CoRoT ou Kepler, PLATO ne se contente pas de détecter des planètes. Sa mission est de caractériser avec une précision inégalée les systèmes planétaires. L’objectif est de comprendre si notre Système solaire est une exception ou une norme dans la Voie lactée. En ciblant des étoiles brillantes et proches, PLATO permettra un suivi par des observatoires au sol pour mesurer la masse des planètes détectées.
Le projet est piloté par l’ESA, mais repose sur un consortium immense (le PLATO Mission Consortium).
Pays impliqués : Plus de 23 pays participent, dont la France, l’Allemagne (qui assure la direction scientifique via le DLR), l’Italie, le Royaume-Uni, l’Espagne, la Suisse et la Belgique.
Partenaires industriels : La construction du satellite a été confiée à un groupement mené par OHB System AG, avec la participation de Thales Alenia Space et Beyond Gravity.
Rôle de la France : Le CNES et plusieurs laboratoires du CNRS (comme le LESIA de l’Observatoire de Paris) sont en première ligne pour la conception des instruments et le traitement des données.
Le coût de la mission pour l’ESA est plafonné à environ 450 millions d’euros (budget de la phase de développement et de lancement). À cela s’ajoutent les contributions directes des États membres via leurs agences nationales pour la fourniture des instruments scientifiques, portant l’investissement total bien au-delà de cette somme initiale.
La particularité de PLATO réside dans sa conception optique unique. Au lieu d’un seul grand miroir, le satellite transporte 26 caméras indépendantes.
24 caméras normales (N-CAM) : Travaillant avec une cadence de 25 secondes pour observer les étoiles de magnitude supérieure à 8.
2 caméras rapides (F-CAM) : Travaillant à une cadence de 2,5 secondes pour les étoiles très brillantes (magnitude 4 à 8).
Chaque caméra est équipée de quatre détecteurs CCD de 20 mégapixels chacun, totalisant une surface de détection record. Cette configuration permet de surveiller un champ de vision extrêmement large, couvrant 2 250 degrés carrés sur le ciel.
Après avoir passé avec succès ses tests de vibration et acoustiques en janvier 2026 au centre ESTEC aux Pays-Bas, le calendrier est désormais consolidé :
Date de lancement prévue : Décembre 2026 (ou au plus tard en janvier 2027).
Lanceur : Une fusée Ariane 62 depuis le port spatial de Kourou.
Destination : Le point de Lagrange L2, situé à 1,5 million de kilomètres de la Terre.
L’objectif immédiat est la détection de milliers d’exoplanètes par la méthode des transits (la baisse de luminosité d’une étoile lorsqu’une planète passe devant). Parallèlement, PLATO pratiquera l’astérosismologie : l’étude des oscillations stellaires pour déterminer avec une précision de 1% le rayon de l’étoile, et de 10% son âge.
Le but ultime est d’identifier des planètes rocheuses (taille terrestre) situées dans la zone habitable d’étoiles de type G (comme le Soleil). PLATO fournira un catalogue de cibles prioritaires pour les futurs télescopes (comme le James Webb Space Telescope ou l’ ELT au sol) qui pourront alors analyser l’atmosphère de ces mondes à la recherche de signatures biologiques (biosignatures).
Sources :